Entreprises : 4 leviers pour réduire votre budget électricité

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Pour réduire son budget électricité, il n’y a pas de secret : soit on diminue sa consommation électrique, soit on paye moins cher ce que l’on consomme (prix du kWh électrique / montant d’abonnement). Oui mais, comment s’y prendre concrètement ? C’est ce que je vous propose de découvrir au travers d’une série d’articles consacrés à ce sujet, à commencer par cet article, dans lequel je vous propose de faire un point sur l’ensemble des solutions à votre disposition, que l’on peut regrouper en quatre catégories :

  1. Négocier ses tarifs
  2. Optimiser ses contrats
  3. Adapter sa consommation à son contrat
  4. Réduire sa consommation

Voici un rapide aperçu de chacune d’entre-elles :

1- Négocier avec son fournisseur d’électricité (prix du kwh + abonnement)

C’est aujourd’hui l’une des deux méthodes les plus rapides pour réaliser des économies. En France, depuis le vote de la loi NOME le 7 décembre 2010, il est théoriquement possible pour tout professionnel, de faire jouer la concurrence. Et ce, quelle que soit la puissance de son compteur. Dans les faits, la concurrence n’a pu proposer des offres sérieuses qu’à partir d’aout/septembre 2014. Cela n’a vraiment pu se concrétiser qu’à la suite d’une rude bataille entre EDF et ses concurrents pour obtenir en particulier le droit de questionner directement ERDF (gestionnaire du réseau électrique français) pour obtenir les données de consommation des clients (jusqu’en aout 2015, il fallait passer par EDF pour “tenter” d’obtenir ces données).

Les gains potentiels par rapport aux tarifs réglementés dépendent du profil de consommation de chaque client. Mais pour simplifier, moins un site consomme en été, plus l’économie potentielle est élevée. Il n’est pas rare de pouvoir réaliser des économies de l’ordre de 15 à 25 %, hors optimisation de contrat.

Deux exceptions importantes toutefois : les contras EJP et Tempo. Leurs tarifs étant inférieurs d’environ 30% par rapport aux tarifs réglementés “classique”, les clients bénéficiant de ces tarifs spéciaux verront probablement leurs factures augmenter. A moins qu’une optimisation de contrat ne soit possible, ou que des dispositifs équivalents soient mis en place d’ici au 31 décembre 2015 (certaines rumeurs en parlent à l’heure où j’écris cet article).

Négocier. Oui, mais avec qui ?

En France, on recense 73 fournisseurs d’électricité. Il y a donc le choix. Alors, comment choisir ?

Le problème, c’est que chacun des fournisseurs segmente le marché national à sa manière. Il y a donc presque autant d’offres que de fournisseurs.

Quels sont leurs critères de segmentation ?

  • la couverture géographique du fournisseur (national, régional, local),
  • la structure du client : mono ou multi-sites,
  • la couleur du compteur : bleu, jaune, ou vert,
  • la puissance du compteur dans une même catégorie de compteurs : un compteur jaunes 42 kVA n’intéressent pas les mêmes fournisseurs qu’un compteur jaune 142 kVA
  • le scoring du client

Pour le client, plusieurs éléments vont entrer en considération :

  • Durée du contrat : 1, 2 ou 3 ans,
  • Contrat à prix fixe / à prix fixe avec clause de révision indexée tous les 6 mois ou 12 mois sur le prix de l’ARENH et/ou les prix du marché / à prix révisable chaque année,
  • Contrat avec ou sans engagement,
  • Projets de déménagement, de regroupement de sites ou d’investissements,
  • Et pour les collectivités locales : avec ou sans obligation d’appel d’offres.

Autrement dit, chaque situation s’analyse au cas par cas.

Comment comparer les offres ?

Autre difficulté pour le client : une fois les offres en mains, comment les comparer entre elles ? Chaque fournisseur a une manière particulière de présenter son offre et ne présente pas toujours les mêmes choses. Les comparaisons par rapport aux tarifs réglementés ne sont pas toujours calculées de la même manière et n’intègrent pas les mêmes éléments. Cette complexité peut vite embrouiller le client et lui faire facilement prendre une mauvaise décision.

Pour comparer ces offres, il est indispensable de disposer d’une bonne calculette, d’outils informatiques adaptés et d’un bon sens de l’observation. Comme dans le domaine des assurances, toutes les lignes d’un contrat sont à lire avec attention. Certaines clauses peuvent être très défavorables au client. Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain article.

Le prix du kWh et de l’abonnement ne sont donc pas les seuls critères à étudier pour bien négocier avec un fournisseur d’électricité. La méthode la plus fiable consiste à comparer les budgets annuels à iso-consommation. Et de s’assurer que tous les fournisseurs communiquent l’ensemble des éléments de calculs, en particulier le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité). Certains d’entre eux, et parmi des fournisseurs très connus, “oublient” malencontreusement cette donnée, créant des écarts de comparaison parfois très importants.

En résumé :

Avec de bons outils et une bonne connaissance technique, négocier ses contrats électricité est une des 2 méthodes les plus rapides pour réduire son budget énergie.

A compter du 31 décembre 2015, passer aux tarifs marché en France ne sera plus une option mais une obligation : les tarifs réglementés jaunes et verts auront disparu. Ils seront temporairement remplacés par des offres transitoires jusque fin juin 2016 pour les retardataires, mais à des prix prohibitifs. Au delà, ce sera la coupure d’alimentation si le client n’a pas choisi son fournisseur d’électricité en tarif marché.

2- Optimiser son contrat électricité

Quand un client me confie une étude électricité, je découvre très souvent des écarts importants, voire très importants entre son contrat d’une part, et son profil de consommation d’autre part.

A l’heure où j’écris cet article, je traite un dossier dans lequel un client, en raison d’importants dépassements de puissance en pointe tous les lundis matin, a décidé d’augmenter sa puissance souscrite. Dans l’absolu, l’idée parait plutôt bonne. Sauf que l’objectif premier, qui était de réduire le budget électricité de l’entreprise, a eu la conséquence opposée ! Son budget a augmenté de près de 5 000 €/an, alors que, sans changer de puissance souscrite, et en modifiant son option tarifaire, il aurait fait une économie de … 7 000 €/an, sans rien changer à sa consommation.

12 000 € de différence tout de même !

Comme je l’écrirais souvent, ce cas est loin d’être rare. D’autant plus que la plupart des entreprises, contrairement à cette dernière, ne s’intéressent pas à leurs contrats électricité. Dans le cas de ce client, vous me diriez qu’il aurait mieux fait de ne rien faire. Et vous n’auriez pas tout à fait tort. Mais cette absence d’intérêt des entreprises et des collectivités locales françaises pour leurs contrats les prive de ressources budgétaires très faciles à gagner. Et enrichit au passage le fournisseur d’électricité !

Le client paye alors :

  • soit d’importantes pénalités pour dépassement de puissance,
  • soit un montant d’abonnement beaucoup trop élevé par rapport à ses besoins.

L’optimisation de contrat électricité consiste donc à reconnecter le contrat avec les besoins réels de son entreprise, sans nécessairement changer de fournisseur.

Selon la couleur de votre compteur, son ancienneté et le profil de consommation de votre entreprise, les éléments à optimiser sont différents :

  • Puissance souscrite
  • Puissance souscrite par poste horaire
  • Puissance réduite
  • Dénivelée de puissance
  • Dépassements de puissance

Pour optimiser ces éléments, il est indispensable de travailler sur les documents suivants (disponibles ou non en fonction de la couleur de votre compteur) :

  • Facture
  • Feuillet de gestion
  • Courbe de charge
  • Caractéristiques du transformateur
  • et de disposer d’informations sur les évolutions prévisibles de votre consommation.

Je reviendrai sur tous ces sujets, couleur de compteur par couleur de compteur, dans une série d’articles à paraitre sur ce blog.

En résumé :

Il faut retenir qu’un grand nombre de contrats électricité en France ne correspondent pas à la consommation réelle des clients. Les raisons sont multiples : la consommation du site a évoluée et le contrat n’a pas été revu depuis, la puissance à l’ouverture d’un nouveau site a été surévaluée, etc.

Chaque contrat électricité (jaune ou vert) devrait donc être régulièrement réétudié. D’autant que, changer la puissance d’un compteur électrique vous sera facturé la somme astronomique de … 25,01 € HT (tarif 2015 pour un compteur électronique jaune ou vert, sans changement des TC. Voir brochure tarifaire ERDF disponible sur internet). Pour ce coût dérisoire, il est souvent possible de gagner plusieurs milliers d’euros/an sans difficulté.

3- Adapter sa consommation à son contrat

Pratiquer l’effacement consiste à réduire sa consommation aux heures pendant lesquelles votre tarif du kWh est le plus cher.

Les clients en tarifs EJP pratiquent chaque année l’effacement sur les 22 jours de Pointe Mobile (PM) en hiver. En revanche, cette pratique est assez peu répandues pour les entreprises disposant de contrats classique. A tort ! Cela se justifie pleinement en période de Pointe (tarifs verts), période pendant laquelle le prix du kWh électrique est environ 2 fois plus cher que le kWh en HPH (Heures Pleines Hiver).

Pour cela, 2 possibilités :

  1. éviter de faire fonctionner les machines les plus gourmandes pendant les heures de Pointe.
  2. investir dans un groupe électrogène qui se mettra en route pendant les heures de Pointe.

Autre technique à utiliser lorsque l’entreprise dispose d’un parc de machines : le démarrage séquentiel.

Cette technique évite de cumuler les pointes de consommation au démarrage des machines, ce qui permet de réduire, soit la puissance souscrite, soit l’ampleur des dépassements dits « quadratiques ».

Dans ce cas précis, une étude approfondie sera nécessaire pour calculer la solution la plus économique : programmer des démarrages séquentiels pour réduire la puissance souscrite et éviter de payer des dépassements de puissance, ou réduire la puissance souscrite et accepter de payer des dépassements.

4- Réduire sa consommation de kWh électrique

En général, ces moyens sont plus lourds, qui nécessitent des investissements amortissables sur plusieurs années.

Les économies générées ont plusieurs avantages :

  • Les économies sont durables dans le temps
  • Elles limiteront en partie l’augmentation inévitable des tarifs de l’électricité française ces prochaines années
  • Elles pourront augmenter le confort du personnel, améliorer son implication et son attachement à l’entreprise
  • Elles pourront préserver et/ou augmenter la productivité dans l’entreprise

Ces investissements sont aussi des éléments d’image externe pour l’entreprise et peuvent ouvrir droit à des compensations financières, comme les CEE (Certificats d’Economies d’Energie).

Les exemples à citer sont nombreux, et la liste suivante n’est pas exhaustive :

  • Implication du personnel dans les économies d’énergie
  • Révision régulière des machines
  • Modernisation du parc de machines
  • Investissement dans l’isolation des bâtiments, et en particulier des toitures (30% des pertes caloriques en hiver)
  • Construction de bâtiments en bois plutôt qu’en métal, avec toitures en panneaux sandwich. C’est ce que j’ai fait pour mon bâtiment. Et contrairement aux idées reçues, un bâtiment en bois résiste beaucoup mieux à l’incendie qu’un bâtiment en métal. Les pompiers sont également autorisés à y pénétrer en cas d’incendie, ce qui n’est pas le cas pour un bâtiment en métal. Conséquence : vous ne sauverez rien dans un bâtiment en métal, car les pompiers ne feront qu’arroser les parois, en attendant que le toit tombe.
  • Construction de bâtiments éco-conçus (HQE par exemple : haute qualité environnementale)

Les solutions sont innombrables. Souvent, les solutions de bon sens sont ignorées. On empile généralement des solutions coûteuses plutôt que de concevoir de manière globale. Pourtant, intégrées intelligemment, l’innovation en matière d’économies d’énergies est quasiment sans limite. J’ai par exemple découvert l’existence de textiles anti-UV et anti-Infra-rouge qui ont permis à une entreprise textile d’épauler sa climatisation qui n’arrivait plus à suivre pendant la canicule de 2015.

Je m’arrêterais là pour l’instant, et développerai l’ensemble des ces sujets plus en détail à l’occasion d’autres articles.

 

Si vous avez des questions concernant ce sujet, n’hésitez pas à me la poser dans la case “commentaire” ci-dessous. Je m’efforcerai d’y répondre dans les meilleurs délais.

 

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1 thought on “Entreprises : 4 leviers pour réduire votre budget électricité”

  1. Bonjour M. CROCHU, Tout d’abord merci pour votre blog qui permet de démystifier le marché de l’énergie. Ce n’est pas facile d’y voir clair dans tout cela… Je souhaitais échanger avec vous car nous allons traiter le sujet de l’électricité pour notre groupe (leviers d’optimisation : effacement, équilibrage,…). Je vous laisse mes coordonnées en vue d’échanger si vous le souhaitez xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx. Vous en souhaitant bonne réception.

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